Syndicat National
des Dermatologues - Vénéréologues

États Généraux de la Dermatologie : « le SNDV est force de proposition pour l’avenir de la profession et l’accès aux soins pour tous grâce à des solutions concrètes et innovantes 

Les États généraux de la dermatologie, qui se sont déroulés le jeudi 3 avril 2025, ont mis en lumière les préoccupations majeures de la profession notamment la pénurie de dermatologues et les difficultés d’accès aux soins. Conscient de l’urgence, le Syndicat National des Dermatologues-Vénéréologues (SNDV) est déjà à l’œuvre en déployant des solutions concrètes innovantes et immédiates pour l’avenir de la profession et la santé des Français.

DERMATOLOGIE EN TENSION : LA NÉCESSITÉ D’UNE RÉPONSE FACE À LA PÉNURIE ET À L’EXPLOSION DES CANCERS

Avec près de 100 000 cancers de la peau détectés annuellement1 en France soit 3 fois plus qu’il y a 30 ans et seulement 3,26 dermatologues-vénéréologues2 en exercice pour 100 000 habitants, la santé des Français est un enjeu majeur pour le SNDV. Il tient à assurer que les dermatologues actuels et futurs puissent apporter toute leur expertise médicale à l’ensemble de la population et sur la totalité du territoire pour que tout un chacun puisse avoir accès à une offre de soin de qualité.

UN MANQUE DE DERMATOLOGUES PRINCIPALEMENT DÛ AU VIEILLISSEMENT DE LA PROFESSION

Le principal facteur expliquant la pénurie de dermatologues en France est le vieillissement de la profession. Actuellement, un peu moins de la moitié des praticiens en exercice ont plus de 55 ans (41,84%)3. Il est essentiel de rappeler le nombre important de dermatologues en cumul emploi-retraite qui, face à cette pénurie, s’efforce de rester actifs pour répondre aux besoins de la population.
En 2024, la France comptait 2 828 dermatologues2 soit 3,26 pour 100 000 habitants alors que les recommandations internationales fixent une densité minimale de 5 à 6 dermatologues pour 100 000 habitants, un chiffre loin d’être atteint en France.

Cette situation est en grande partie due à la limitation du nombre de places en formation médicale imposée par le numerus clausus à la demande des pouvoirs publics pendant plusieurs décennies. Bien que ce quota ait progressivement été relevé pour atteindre une centaine d’étudiants par an, cette augmentation reste insuffisante au regard des besoins de la population. Par ailleurs, la formation d’un dermatologue requiert 10 ans ce qui signifie que les effets de ces ajustements ne seront visibles qu’à long terme.

LA DERMATOLOGIE : UN MODE D’EXERCICE EN MUTATION

Aujourd’hui encore et plus que jamais, le SNDV se mobilise au quotidien pour soutenir la profession et œuvrer à son rayonnement sur le territoire pour y renforcer sa présence et déployer en parallèle des solutions agiles pour répondre à cet enjeu majeur de pénurie des dermatologues. Il ancre son discours et son combat auprès des différentes instances de santé décisionnaires pour défendre le nombre d’internes en dermatologie vénéréologie, le développement de stages obligatoires en dermatologie libérale permettant de créer un ancrage territorial. Il contribue également à la poursuite de la mise en place de nouvelles Equipes de Soins Spécialisés en Dermatologie et Vénéréologie et au nécessaire financement à hauteur des enjeux de ce problème de santé publique.

LA DERMATOLOGIE ESTHÉTIQUE, UN PROCÈS D’INTENTION CONTRE LES DERMATOLOGUES

Le SNDV tient à combattre une idée reçue sur le ratio d’activité des dermatologues concernant la dermatologie médicale/chirurgicale et la dermatologie esthétique/ correctrice. Afin de rétablir la réalité sur la répartition de leur activité, le SNDV souhaite clarifier la place de la médecine esthétique/correctrice dans la pratique des dermatologues :

  • Les dermatologues consacrent 90 %3 de leur activité aux pathologies dermatologiques
  • La médecine esthétique et correctrice représente moins de 10 %4 de l’activité des dermatologues, et plus d’un tiers d’entre eux ne la pratiquent jamais

Luc Sulimovic, Président du SNDV, précise que « ce préjugé nuit à l’image et au crédit de l’ensemble de la profession même si les dermatologues sont des experts qualifiés en dermatologie esthétique. Aujourd’hui, un certain nombre de Français pense qu’il est de plus en plus difficile d’obtenir un rdv en dermatologie parce que les dermatologues privilégieraient les soins esthétiques alors qu’en réalité cette situation est la conséquence d’une pénurie de ces professionnels depuis plusieurs années».

LE SNDV AMÉLIORE L’ACCÈS AUX SOINS DERMATOLOGIQUES GRÂCE AUX ÉQUIPES DE SOINS SPÉCIALISÉS ET À LA TÉLÉEXPERTISE

Face aux défis posés par la pénurie de dermatologues, le SNDV est à l’initiative de la création régionale de 6 Équipes de Soins Spécialisés en Dermatologie et Vénéréologie (ESSDV) : en Île-de-France, dans les Hauts-de-France, en Bretagne, en Corse et en Centre-Val de Loire. Ces structures innovantes, composées de dermatologues libéraux et d’autres professionnels de santé, visent à faciliter l’accès aux soins dermatologiques, en particulier dans les zones sous-denses en partenariat avec tous les acteurs de santé du territoire : les CPTS, les médecins généralistes, les établissements publics et privés. Les médecins généralistes peuvent ainsi solliciter l’avis d’un dermatologue libéral par téléexpertise pour un diagnostic ou un avis sur une prise en charge en onco-dermatologie et dans les maladies chroniques inflammatoires (psoriasis, eczéma urticaire…). Grâce à la téléexpertise, les patients peuvent bénéficier d’un diagnostic rapide et d’une prise en charge adaptée, à titre d’exemple la prise en charge d’un mélanome est de 8 jours au sein de l’ESSDV-IDF.

Ce sont ainsi près de 1 5005 demandes de téléexpertise en onco-dermatologie qui ont par exemple été réalisées en Île-de-France et autant en Bretagne. On constate que le délai de réponse des dermatologues auprès du médecin généraliste est en moyenne de 15h et qu’après le délai moyen d’obtention d’une consultation est de 8 jours pour un mélanome et de 18 jours en général pour un carcinome cutané contrairement au délai moyen de plus 3 mois pour obtenir un rendez-vous « classique » chez un dermatologue. Une réponse qui permet de désengorger les cabinets et de prendre en charge plus rapidement les cas prioritaires.

LE TRAVAIL AIDÉ : LES ASSISTANT(E)S MÉDICO-TECHNIQUES

Le SNDV a joué un rôle déterminant dans la structuration de la profession d’assistant(e)s médico-technique en dermatologie libérale. Cette évolution permet aux dermatologues de se recentrer sur les actes médicaux complexes grâce à l’appui de ces personnels qualifiés. Après une formation diplômante, ces assistant(e)s assurent une aide précieuse tant pour les gestes techniques que pour la gestion administrative des patients. Sous la supervision directe du dermatologue, ils libèrent ainsi un temps médical précieux. Dans un contexte d’avancées technologiques avec le développement de l’intelligence artificielle, leur rôle de soutien s’avère de plus en plus crucial.

RENFORCER LA FORMATION DES MÉDECINS GÉNÉRALISTES EN DERMATOLOGIE

Les médecins généralistes sont des acteurs de première ligne essentiels dans la détection et la prise en charge des pathologies dermatologiques. Toutefois, leur formation initiale est souvent insuffisante, tant sur le plan théorique que pratique, ce qui peut entraîner des difficultés dans l’identification et l’orientation des patients. Afin d’optimiser leur rôle, il est crucial de renforcer leur formation sur plusieurs thématiques. Ces formations médicales continues sont assurées pour les médecins généralistes adhérents aux Équipes de Soins Spécialisés. Elles visent à améliorer la qualité des demandes de téléexpertise notamment dans le dépistage primaire des cancers de la peau. Parallèlement et conformément à la règlementation les téléexpertises sont progressivement déployées auprès des autres professionnels de santé.

LA SUPPRESSION DE L’OBLIGATION DE LA PRIMO-PRESCRITION HOSPITALIÈRE DE MÉDICAMENTS

Autre pierre à son édifice, le SNDV a obtenu récemment la suppression de l’obligation de la primo-prescription hospitalière de médicaments majeurs dans les maladies chroniques inflammatoires dermatologiques permettant ainsi une prise en charge plus efficace des patients nécessitant ce type de thérapeutique d’expertise ne pouvant être prescrite que par les dermatologues.

1 Source : Rapport « #AllôSégur : urgence à l’Hôpital » – décembre 2022 et réalisé par les députés LFI-NUPES Nathalie Oziol et Damien Maudet, aidés par les collaborateurs parlementaires Félicie Kempf, Gaëlle Guéhennec, Ouns Hamdi et Arnaud De Sousa.
2 Source : Conseil National de l’Ordre des Médecins – 2024
3 Source : Atlas de la démographie médicale en France réalisé par le Conseil National de l’Ordre des Médecins en janvier 2024

4 Source : Étude du SNDV « État des lieux de la dermatologie libérale » 2024
5 Source : Syndicat National des dermatologues-vénéréologues

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