Baisse des connaissances sur les maladies sexuellement transmissibles chez les jeunes adultes
Une étude récente menée par Harris Interactive pour le Syndicat National des Dermatologues-Vénéréologues (SNDV) met en évidence une baisse préoccupante des connaissances sur les maladies sexuellement transmissibles (MST) chez les jeunes adultes de 18 à 35 ans. Cette méconnaissance s’accompagne de croyances erronées et d’un manque d’information, qui favorisent une augmentation des comportements à risque et une diminution de certaines pratiques de prévention.
Si le VIH/sida reste la maladie la plus spontanément citée, la notoriété de nombreuses autres infections sexuellement transmissibles a reculé depuis 2016, notamment l’herpès génital, la syphilis ou encore les morpions. À l’inverse, le papillomavirus (HPV) est la seule infection dont la notoriété progresse, notamment grâce aux campagnes de sensibilisation et de vaccination menées ces dernières années.
Des lacunes persistantes sur les modes de transmission et les symptômes
L’étude souligne également une méconnaissance importante de certaines caractéristiques des MST. Une personne sur trois ignore encore qu’une infection sexuellement transmissible peut être asymptomatique. Chez les 18-35 ans, seuls 61 % savent qu’une personne contaminée peut ne présenter aucun symptôme.
Certaines idées reçues persistent également concernant les modes de transmission. Par exemple, moins de la moitié des jeunes savent que les MST peuvent être transmises au fœtus pendant la grossesse et seuls 61 % identifient la transmission par voie anale. Cette méconnaissance peut retarder la détection et le traitement, et contribue à la diffusion de ces infections.
Un relâchement des comportements de prévention
L’enquête met aussi en évidence un recul des comportements de prévention. Le préservatif reste considéré comme le moyen de protection le plus efficace, mais cette perception diminue par rapport aux années précédentes. De même, la vigilance face au dépistage est en baisse : les réflexes consistant à se faire tester après un rapport à risque ou avant l’arrêt du préservatif sont moins fréquents qu’en 2016.
Par ailleurs, une minorité de jeunes adultes se tourne vers les structures de dépistage ou les spécialistes en cas de suspicion d’infection. Si la majorité consulte un médecin, le recours aux dermatologues-vénéréologues reste encore limité, malgré leur expertise dans le diagnostic et la prise en charge des infections sexuellement transmissibles.
Le dermatologue-vénéréologue, spécialiste des infections sexuellement transmissibles
La vénéréologie est une spécialité médicale rattachée à la dermatologie et dédiée à l’étude et au traitement des maladies sexuellement transmissibles. Ces infections se manifestent fréquemment par des lésions cutanées ou des atteintes des muqueuses, ce qui fait du dermatologue-vénéréologue un spécialiste central dans leur diagnostic et leur traitement.
Lors d’une consultation, le dermatologue-vénéréologue peut identifier les signes cliniques d’une MST, prescrire des examens complémentaires et mettre en place un traitement adapté. Il joue également un rôle clé dans l’information des patients, le suivi médical et la prévention auprès des partenaires.
Sensibilisation, dépistage et prévention : des enjeux de santé publique
Face à la baisse des connaissances et au relâchement des comportements de prévention, le Syndicat National des Dermatologues-Vénéréologues rappelle l’importance de renforcer l’information et la sensibilisation du public. Le dépistage systématique et gratuit de certaines infections (comme la syphilis, les chlamydias ou la gonorrhée) constitue aujourd’hui un levier essentiel pour améliorer la détection précoce et limiter la transmission.
Le SNDV mène également des actions de formation pour les professionnels de santé et des campagnes d’information destinées au grand public, notamment sur la vaccination contre le papillomavirus et l’importance du dépistage régulier.
Retrouvez le communiqué complet pour plus d’informations et pour consulter les résultats détaillés de l’étude :