Pénurie de dermatologues
Un système à bout de souffle et des Dermatologues souvent injustement attaqués
La dermatologie française traverse aujourd’hui une crise sans précédent. Alors que les besoins de soins explosent, le nombre d’internes a été réduit à 102 cette année(1). Sachant que les études de dermatologie durent 10 ans, un nombre de 150 est donc nécessaire aujourd’hui pour en voir les premiers résultats en 2036.
Le principal facteur expliquant la pénurie de dermatologues en France est le vieillissement de la profession. Actuellement, près de 20%(2) des dermatologues exercent en cumul emploi-retraite (CER), avec un âge moyen d’environ 73 ans(2) pour ces praticiens. En 2025, la France comptait 2 848(2) dermatologues actifs soit environ 4,1 pour 100 000 habitants.
Cette situation est en grande partie due à la limitation du nombre de places en formation médicale imposée par le numerus clausus à la demande des pouvoirs publics pendant plusieurs décennies. Le nombre de stages en milieu libéral demeure aujourd’hui très limité (47 sur l’ensemble du territoire, dont un seul en Île-de-France). Au regard des besoins de la population, l’extension et l’obligation de ces stages apparaissent indispensables pour renforcer l’attractivité de l’exercice et préparer les futurs praticiens à la réalité du terrain.
LA DERMATOLOGIE, UN MODE D’EXERCICE EN PLEINE MUTATION
Aujourd’hui encore et plus que jamais, le SNDV se mobilise au quotidien pour soutenir la profession et œuvrer à son rayonnement sur le territoire pour y renforcer sa présence et développer en parallèle des solutions agiles pour faire face à cet enjeu majeur de pénurie des dermatologues. Il ancre son discours et son combat auprès des différentes instances de santé pour défendre le nombre d’admissions d’internes en dermatologie vénéréologie et la création, à l’échelle nationale, d’Equipes de Soins Spécialisés en Dermatologie et Vénéréologie qui constituent une réponse structurante pour améliorer l’organisation des parcours de soins entre médecins généralistes et dermatologues.
A ce jour, cinq Equipes de Soins Spécialisés en Dermatologie et Vénéréologie (ESSDV) ont été mises en place en Île-de France, dans les Hauts-de-France, en Bretagne, en Corse et en Centre-Val de Loire. Quatre autres sont en cours de validation dans différentes régions. Ces structures innovantes, mettent en relation tous les acteurs du territoire pour améliorer les parcours de soins des patients. Les médecins généralistes peuvent ainsi solliciter l’avis d’un dermatologue libéral par téléexpertise pour un diagnostic ou un avis sur une prise en charge en onco-dermatologie et des dermatoses chroniques inflammatoires. Grâce à la téléexpertise, les patients peuvent bénéficier d’un diagnostic rapide et d’une prise en charge adaptée, à titre d’exemple la prise en charge d’un mélanome est de 8 jours au sein de l’ESSDV-IDF. Une réponse qui permet de désengorger les cabinets et de prendre en charge plus rapidement les cas prioritaires.
LA DERMATOLOGIE ESTHÉTIQUE, UN PROCÈS D’INTENTION CONTRE LES DERMATOLOGUES
Enfin, le SNDV tient à déconstruire une idée reçue sur le ratio d’activité des dermatologues concernant la dermatologie médicale/chirurgicale et la dermatologie esthétique. Aujourd’hui, la dermatologie libérale assure plus de 95 % de la prise en charge de la dermatologie médicale/chirurgicale alors que la dermatologie esthétique représente moins de 10 %(2) de l’activité totale. En raison de leur formation spécialisée et de leur expertise de la peau, les dermatologues sont pleinement légitimes dans l’exercice de la médecine esthétique.
Avec près de 100 000 cancers de la peau détectés annuellement en France soit 3 fois plus qu’il y a 30 ans et seulement 4,1 dermatologues-vénéréologues en exercice pour 100 000 habitants, la santé des Français est un enjeu majeur pour le SNDV. Il tient à assurer que les dermatologues actuels et futurs puissent apporter toute leur expertise médicale à l’ensemble de la population et sur la totalité du territoire pour que tout un chacun puisse avoir accès à une offre de soin de qualité.
(1) (Arrêté du 30 juillet 2025 fixant le nombre d’étudiants de troisième cycle des études de médecine susceptibles d’être affectés, par spécialité et par subdivision territoriale, au titre de l’année universitaire 2025-2026 – Légifrance)
(2) Chiffres tirés du groupe démographique CNOM / CNP Dermatologie
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