Syndicat National
des Dermatologues - Vénéréologues

Grève des médecins : mobilisation historique des dermatologues face au mépris des responsables politiques et à l’effondrement de la spécialité

UN SYSTÈME À BOUT DE SOUFFLE : LA DERMATOLOGIE FRANÇAISE SACRIFIÉE

La dermatologie française traverse une crise démographique sans précédent. Alors que les besoins de soins explosent, seuls 102 internes ont été formés cette année sachant qu’un minimum de 150 serait vital pour enrayer la désertification médicale.

Preuve d’un sens aigu du devoir face à cette pénurie, 15 % des dermatologues de plus de 70 ans maintiennent une activité en cumul emploi-retraite par pure conscience professionnelle pour leurs patients. En retour, les responsables politiques répondent par un mépris constant et des lois de coercition prévoyant :

  • Une fixation arbitraire des tarifs en cas d’échec de négociation conventionnelle
  • Une pénalisation injustifiée du cumul emploi-retraite.

Grève des médecins : une mobilisation dermatologique massive

Le ras-le-bol se traduit par une adhésion record au mouvement national. Selon un récent sondage :

  • 71,7 % des dermatologues comptent participer à la grève entre le 5 et le 15 janvier 2026 (51,1 % en participation complète et 20,6 % en partielle).
  • La mobilisation est portée à 82,2 % par des praticiens libéraux exclusifs.
  • 20 % des grévistes envisage une fermeture totale du cabinet durant 8 jours ouvrés.
  • La contestation est géographiquement ancrée, avec une forte représentation en Île-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes.

L’OPTAM : un goulot d’étranglement financier au détriment des patients

L’Option Pratique Tarifaire Maîtrisée (OPTAM) avait pour vocation initiale de garantir une prise en charge financière maîtrisée pour les patients. Aujourd’hui, ce contrat est dévoyé par les responsables politiques et devient un véritable piège. Les dernières propositions individuelles constituent un goulot d’étranglement financier insupportable pour les cabinets médicaux. Face à cette asphyxie, les dermatologues sont contraints de choisir la sortie du dispositif pour assurer la survie de leur exercice et ce au détriment des patients :

  • En isolant les praticiens concernés, 60,4 % des dermatologues éligibles ont déjà dénoncé leur contrat, sont en cours de dénonciation ou comptent le faire avant fin janvier 2026.
  • Seuls 39,6 % de ces praticiens maintiennent leur adhésion, illustrant le rejet d’un système.

Une résistance face au mépris politique

Cette grève des médecins et cette mobilisation sans précédent marquent un point de rupture. Les dermatologues refusent de voir leur spécialité disparaître sous le poids de régulations arbitraires imposées par des responsables politiques sourds aux réalités du terrain et aux besoins des patients. Ils exigent une reconnaissance de leur expertise et des moyens à la hauteur des enjeux de santé publique.

Luc Sulimovic, Président du Syndicat National des Dermatologues-Vénéréologues (SNDV)

Nos partenaires