Vous êtes : / Accueil / Pathologies dermatologiques > Les cheveux : que faire? La greffe?

Quelques informations sur la chute des cheveux.


La calvitie et la chute de cheveux (alopécie) sont un motif fréquent en consultation.
Il faut consulter votre dermatologue habituel qui saura faire un diagnostic précis et pourra vous prescrire le traitement approprié.
Quelques chiffres :
Nous avons environ 80 000 à 120 000 cheveux sur la tête. On perd de façon normale 50 à 80 cheveux /jour avec 2 pics saisonniers au printemps et en automne.
Cette chute de cheveux diffuse à tout le cuir chevelu peut être transitoire et dure généralement moins de 3 mois. (Appelée encore « effluvium télogène aigu »)
Elle peut être la conséquence d’un  grand stress, d’une fièvre, d’un amaigrissement brutal, d’un changement de contraception, de tout événement médical inhabituel, quelquefois on ne retrouve aucun élément déclenchant…
Tout rentre dans l’ordre en quelques mois. Votre dermatologue jugera bon du traitement et de l’hypothétique bilan à entreprendre adaptés à votre cas : vitamines et/ou minoxidil (à 2% chez la femme et 5% chez l’homme) ou abstention thérapeutique car encore une fois tout revient à la normale.

Lorsque cette chute dure plus de 6 mois avec de plus une traduction visible cosmétique nous parlons de chute de cheveux chronique.

Chez l’homme la grande cause est l’alopécie dite « androgénique » sous-tendue par des phénomènes génétiques à évolution imprévisible tant dans la durée que dans l’intensité ; les cheveux s’affinent et laissent apparaître des golfes qui se creusent progressivement et/ou une tonsure (« classification d’Hamilton ») 
Les traitements médicaux sont :
- du minoxidil en lotion à 5% à appliquer matin et soir et/ou du Finasteride (Propecia) à 1comprimé à 1mg/j.
Ils freinent la chute et son évolution, augmente le diamètre des cheveux présent mais pas leur nombre.
Ils sont délivrables sous prescription du dermatologue qui vous en expliquera les avantages et les inconvénients.

Chez la femme la chute de cheveux diffuse chronique s’aborde différemment 
 -l’alopécie androgénique, tout comme chez l’homme, est la cause la plus fréquente avec son corollaire hormonal possible que votre dermatologue saura à même de dépister et traiter.
Elle se caractérise par une perte de cheveux des zones antérieures rétro-frontales et des zones arrières (vertex), avec typiquement la conservation paradoxale d’une bande de cheveux très antérieure (classification de Ludwig). Par contre la  zone proche de la nuque (dite occipitale) est conservée et riche.
Le traitement médical : une contraception adaptée non aggravante avec possiblement des « anti-androgènes », du minoxidil à 2 ou 5%, plus accessoirement des cures de vitamines.

- Il existe d’autres causes de chute chronique qu’il faut absolument rechercher avant de conclure hâtivement à une alopécie androgénique : problème de thyroïde, de carence en fer, d’une maladie générale dont l’alopécie peut être révélatrice, d’un déséquilibre hormonal, d’un régime mal équilibré… 
La liste n’est pas exhaustive.

Il faut absolument traiter médicalement ces causes possibles. 

- Il existe des formes intermédiaires et des cas difficilement classables.

Encore une fois le traitement, en dehors du minoxidil, est  bien sûr celui de la cause supposée déclenchante ; traitement que votre dermatologue vous prescrira.
 
A côté de ces chutes diffuses touchant tout le cuir chevelu il existe des chutes de cheveux très localisées dites circonscrites
Ici encore une fois le rôle de votre dermatologue est fondamental car des examens comme la dermoscopie, une prise de sang ou une biopsie pourront être envisagées pour permettre un diagnostic précis et donc un traitement.

Si avec le temps si aucune amélioration cosmétique visible n’était obtenue après un traitement médical supposé causal  bien conduit et si le/ou la patiente est motivée la 
greffe de cheveux sera d’un grand secours.

La greffe de cheveux

Avant la greffeAvant la greffe

Chez l'homme
Le principe
 consiste à prélever des cheveux à l’arrière occipital avec ses bulbes vivants ; ceux qui sont programmés pour durer théoriquement toute la vie, et à les replanter dans les zones déficientes.
Les cheveux dans leur nouveau site d’implantation vont se comporter exactement comme s’ils étaient restés à l’arrière et vont croitre et pousser normalement.

Technique


Prise d’une bandelette occipitale
 horizontale de 1cm de large sur une longueur qui sera dépendante de la surface à couvrir ; pour une alopécie 
importante (Hamilton IV-VI) cette longueur sera maximale soit 23-25cm. Fermeture immédiate de la béance ainsi créée aboutissant à une fine cicatrice linéaire définitive facilement camouflable par les autres cheveux qui vont la recouvrir. De plus il existe une technique de fermeture particulièrement esthétique dite « trichophytique » qui permet d’avoir au final une très fine cicatrice.
- Découpe au microscope de cette bandelette en implants. Cette découpe respectera la répartition et la mosaïque naturelles des cheveux qui se composent en familles ou encore appelées unités folliculaires (UF). Tout comme la nature qui a des UF de 1, 2, 3 ou 4 cheveux nous aurons des implants de 1, 2, 3 ou 4 cheveux.
Ils sont ensuite insérés dans des micros fentes pré créées  à cet effet dans les zones à couvrir.
L’intervention se passe sous anesthésie locale et dure 2h à 2h30. Le patient repart sans pansement.

Les suites post opératoires immédiates
- Des croutes vont apparaître aux points d’impact et chutent au bout d’une dizaine de jours. Au terme de cette période le scalp retrouve son état quasi initial de départ avant l’intervention. 
- Un œdème frontal post opératoire éphémère inconstant (1à 3 jours) ainsi qu’une gêne arrière durant quelques jours ; tout ceci est gérable par la prise de médicaments adaptés.

 

Après la greffeAprès la greffe

Chez la femme

Le principe est le même que chez l’homme.

En cas d’alopécie androgénique la masse arrière donneuse est de bonne qualité.
Dans certaines chutes chroniques, la zone arrière potentielle donneuse parait quelquefois aussi faible que la zone fronto-pariétale à couvrir. Même dans ce cas difficile cet apport additionnel de nouveaux cheveux sur les zones antérieures va procurer une satisfaction.

Résultats
La repousse se voit au bout de 6 mois avec des résultats définitifs cosmétiques au bout d’un an.

Les cheveux implantés sont censés ne plus jamais tomber. Ils sont vivants et sont traitables exactement comme les autres cheveux : coupe chez le coiffeur, couleur…

Chez les seniors
Si les conditions générales cardio vasculaires le permettent la greffe de cheveux est réalisable chez nos seniors sous anesthésie locale en toute sécurité. L’aspect grisonnant souvent rencontré va amplifier le résultat optique final.


LES GRANDES SURFACES

Même dans le cas d’un stade Hamilton VI-VII, il est possible de greffer et surtout de s’attacher à couvrir les zones les plus antérieures : élément esthétique capital du visage.

 

Il existe une multitude de cas particuliers difficilement exposables en détail dans le cadre de notre écrit. Il faut cependant savoir que l’on va créer une illusion de couverture qui sera optiquement
- majorée par des cheveux épais et/ou clairs et/ou frisés
- minorée par des cheveux très fins et/ou très noirs sur peau très blanche et/ou raide.
Le résultat final sera un mélange de ces différentes caractéristiques.

Les autres techniques chirurgicales
Si les lambeaux, la réduction de tonsure, les grands lifts du scalp ont indéniablement une place honorable dans la chirurgie réparatrice, ils ont été pratiquement abandonnés pour  la correction esthétique de l’alopécie androgénique classique que l’on rencontre tous les jours.

La FUE (pour "Follicular Unit Extraction")

Chez certaines personnes la cicatrice arrière laissée était inesthétique. Ceci a conduit à développer une technique dénommée « FUE ».
A l’aide d’un micro foret de 0,7 à 1,2 mm de diamètre nous découpons à même le scalp arrière occipital donneur ces unités folliculaires. 
Les implants ainsi recueillis sont ensuite posés exactement comme dans la technique de la bandelette.
Entre les 2 techniques il n’y a que la prise arrière qui diffère, le reste suit le même déroulement gestuel.
En théorie cette technique est supposée ne laisser aucune cicatrice visible arrière.
En fait cette technique suscite beaucoup de controverses. 1% des intervenants dans le monde prétend la pratiquer et ceci exceptionnellement ; on est loin de l’unanimité. De plus ceux qui l’ont initialement développée aux USA, il y a 6 ans, l’ont complètement abandonnée (procès en cascade, résultats insuffisants et comble de tout : cicatrices encore plus visibles que celles de la bandelette) mais ne perdons pas espoir cette FUE aura peut-être sa place dans notre arsenal thérapeutique.

Quelques chiffres
Une bandelette de 25 cm2 fournit 3500 à 4500 cheveux posés dans la zone que l’on désire couvrir ; ils se répartissent en 800 à 1400 implants.
Quoi que nous fassions ce chiffre est non augmentable car nous sommes tributaires de la surface de la bande donneuse arrière qui, elle-même, ne peut s’accroitre géométriquement car alors l’ouverture de peau créée serait difficilement refermable et laisserait une vilaine cicatrice. 
Pourquoi alors sur des sites internet on parle de 2000 voire 3000 implants ?
En fait il s’agit toujours des 25 cm2 avec nos 4500 cheveux, mais les implants de 2, 3, 4 cheveux vont être détruits pour engendrer des sous unités de 1 cheveu, augmentant artificiellement cette apparente potentialité arithmétique et donnant une illusion de séance plus performante ; mais la masse globale de cheveux implantés est la même.Est-ce qu’une implantation de 1 cheveu par 1 cheveu est plus esthétique ? Non car l’agencement de 1 cheveu par 1 cheveu, s’il est naturel et s’impose devant sur la lisière frontale, il devient inopérant et inapproprié à l’arrière et surtout non naturel car cette répartition en mosaïque de ces unités folliculaires si particulière ne sera plus respectée.
Ainsi donc les implants de 1 à 2 cheveux vont bien sûr être posés sur ces zones antérieures et les implants de 3 à 4 cheveux trouvés à la découpe vont être posés à l’arrière.
Avant la greffeAvant la greffe
Après la greffeAprès la greffe

Le dermatologue et la greffe de cheveux

La greffe de cheveux est une intervention assez sophistiquée. Elle nécessite le dermatologue interventionniste et une équipe d’assistantes qui sont au nombre minimum de 2 à 3.

La greffe de cheveux fournit une implantation à l’endroit précis où le ou la patiente le désire. Sans espérer obtenir sa chevelure de ses 18 ans elle permet de déverrouiller une situation qui semblait figée, surtout chez certaines femmes, et de donner un rajeunissement du visage qui sera source de satisfaction  pour celui ou celle qui aurait pu en bénéficier. 

Page Créée le: 24/11/2009,  dernière modification le: 06/12/2011