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Une vitamine contre le cancer de la peau, qu’en pense le dermatologue.

Quels risques de cancer de la peau ?

 Le cancer de la peau ou cancer cutané le plus fréquent chez les personnes à peau claire est représenté par les carcinomes basocellulaires (CBC) et les cancers épidermoïdes (CE). Les premiers, généralement, ont un développement uniquement local, les seconds ont un potentiel métastatique et peuvent résulter de la dégénérescence de kératoses actiniques.

L’ensemble de ces tumeurs est lié principalement à l’exposition aux UV. L’application d’écran solaire peut diminuer l’incidence des carcinomes épidermoïdes et des kératoses actiniques et éventuellement celle des CBC et des mélanomes en cas d’utilisation prolongée. Cependant la protection solaire est le plus souvent sous optimale même dans les populations à haut risque. L’augmentation de l’incidence des cancers cutanés non mélaniques dans le monde souligne l’importance de disposer d’autres moyens de prévention.

La nicotinamide pour aider à la réparation de l’ADN

Les UV accroissent le risque de cancer de la peau en induisant des lésions sur l’ADN des cellules et en inhibant le mécanisme de réparation de l’ADN. Or la nicotinamide, forme amide de la vitamine B3 (ou vitamine PP) est un précurseur de la nicotinamide adénide dinucléotide (NAD), La nicotinamide prévient la déplétion en ATP, favorisant ainsi la réparation de l’ADN et diminue le niveau d’immunosuppression induite par les lésions de l’ADN.

Des études ont suggéré l’efficacité potentielle de la nicotinamide pour diminuer l’immunosuppression induite par les UV et réduire l’incidence de nouvelles kératoses. Ceci a incité une équipe australienne à entreprendre une étude pour évaluer l’intérêt de la nicotinamide orale dans la prévention des cancers cutanés non mélaniques. Rappelons que l’Australie est la terre d’élection pour de telles études en ce qu’elle conjugue un ensoleillement très important, une population au phototype clair et une médecine de haut niveau.

Réduction du nombre de nouveaux cancers de la peau de 23 % avec de la nicotinamide pendant 1 an

Au total, 386 patients de plus de 18 ans qui avaient déjà présenté au moins deux cancers cutanés dans les 5 ans précédents ont été séparés en deux groupes de 193 sujets : les uns recevaient 500 mg de nicotinamide deux fois par jour pendant 12 mois et les autres un placebo. Les participants ont été examinés par des dermatologistes tous les 3 mois pendant 18 mois. Le principal critère de jugement était le nombre de nouveaux cancers cutanés non mélaniques (CBC et CE) apparus pendant la période d’intervention. 

La nicotinamide à la dose de 1000 mg par jour semble donc capable de réduire l’incidence des nouveaux cancers cutanés non mélaniques et de kératoses actiniques pendant la durée du traitement dans une population à haut risque. A côté des autres possibilités de prévention pharmaceutique envisagées tel que les rétinoïdes oraux, les enzymes de réparation de l’ADN appliqués par voie topique (expérimentés dans lex eroderma pigmentosum ), voire les anti-inflammatoires non stéroïdiens, la nicotinamide a pour elle d’être bien tolérée, peu coûteuse et facilement accessible.

Voir aussi

CARCINOMES BASOCELLULAIRES
LE CARCINOME ÉPIDERMOÏDE 

 

 

Cet article vous a été proposé, rédigé et validé par un membre du SNDV, médecin dermatologue.
Dernière date de mise à jour : 05/04/2016
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