Toxine Botulique (“Botox”)

La toxine botulique agit en bloquant chimiquement la relation entre l'extrémité de la fibre nerveuse et la fibre musculaire correspondante.

La toxine Botulique existe sous 3 formes commercialisées en France  pour les injections esthétiques Azzalure®, Bocouture® et Vistabel®. Les Dermatologues sont les seuls médecins autorisés à pratiquer ces actes ainsi que  les chirurgiens plasticiens, maxillo-f​aciaux  et  les ophtalmologues. Seuls ces médecins peuvent acheter ce​s ​produits.

Comment agit la toxine botulique?

La toxine botulique est une molécule protéique toxique pour le système nerveux (neurotoxine) sécrétée par une bactérie, le Clostridium Botulinum.
Au 19ème et au début du 20ème siècles, cette bactérie a été responsable d’intoxications alimentaires graves (charcuterie avariée, conserves altérées).
La destruction de cette toxine par la chaleur explique le réflexe des générations anciennes d’ébouillanter les boîtes de conserve avant utilisation.

La toxine botulique est utilisée à des doses infinitésimales (et évidemment dénuées de toute toxicité) depuis 1990 pour réduire les rides d’origine musculaire du front et des tempes.
Depuis cette date de très nombreuses études scientifiques ont permis d’améliorer les techniques et les résultats, de bien cerner les effets secondaires et enfin de confirmer formellement l’innocuité du produit aux doses utilisées.

 

Dans des circonstances physiologiques normales, chaque sollicitation d’une fibre nerveuse motrice (soit par la commande volontaire issue du cerveau soit par automatisme lors d’une mimique) aboutit normalement à la contraction de l’unité musculaire qu’elle contrôle.

L’action de la toxine botulique sur une fibre nerveuse entraîne donc une paralysie de la fibre musculaire correspondante.

Au niveau de l’ensemble d’un muscle (qui correspond à de très nombreuses fibres musculaires) l’injection de toxine botulique dans le muscle peut avoir deux conséquences possibles selon la technique d’injection :

  • Une paralysie totale du muscle si l’injection est excessive et incrimine toutes les fibres nerveuses qui le commandent. C’est ce type d’injection qui aboutit aux fronts immobiles et figés que l’on voit malheureusement trop souvent chez certaines personnes très médiatisées.
    Nous n’utilisons jamais ce type de technique !
  • Un effet de simple relaxation du muscle si l’injection n’est limitée qu’à une partie des fibres nerveuses qui le commandent. Le front se détend, les mimiques automatiques se réduisent et ne reproduiront donc pas de froncement excessif mais la mobilisation reste toujours possible et rend le résultat plus naturel.

En effet une jeune fille au front lisse et détendu n’a pas le front paralysé et peut faire varier ses mimiques à sa guise !!!

L’effet de la toxine botulique est éphémère bien que son action biologique soit définitive. Ce paradoxe permet de comprendre pourquoi il faut répéter les injections au cours du temps.

En effet après l’action irréversible de la toxine botulique, les terminaisons nerveuses vont à nouveau bourgeonner et progressivement se régénérer pour être à nouveau fonctionnelles. Ce temps de régénération correspond en pratique à l’effet obtenu après une injection. Les nombreuses études scientifiques ont révélé une durée moyenne de 3 mois et demi après une première injection mais des variations individuelles sont possibles.

C’est au moment où les effets commencent à s’estomper que l’injection suivante doit être effectuée !

Le muscle ne pourra donc pas récupérer totalement sa force et son tonus et la deuxième injection aura un effet plus durable que la première… et ainsi de suite.
Les études scientifiques effectuées sur des populations statistiquement significatives ont montré que les durées moyennes de l’effet de la toxine botulique s’allongent en effet à mesure des injections.

 

Donc en pratique les effets relaxant des injections de toxine botulique sont de plus en plus durables à mesure que les injections sont effectuées : il faut tabler autour de 6 mois et progressivement plus sans qu’il soit possible de le prévoir individuellement pour chaque patient.

Il est donc logique de prévoir 3 sessions la première année puis 2 sessions par an.

 

 

L’art du traitement par la toxine botulique et les résultats

Le but du traitement par la toxine botulique est d’adoucir sur un visage les traits qui ont tendance à le « durcir » ou le vieillir.

Avant tout traitement il convient d’examiner attentivement le patient et ses mimiques. Chaque cas est en effet un cas particulier.

La pratique de ces injections requiert en effet une connaissance anatomique extrêmement précise de la musculature du visage.
Les dermatologues font partis des médecins autorisés et qualifiés pour pratiquer ces injections.

Les résultats sont appréciables seulement dès le 3ème jour et se complètent en 2 semaines. Il est souhaitable de revoir le patient pour une évaluation entre le 15ème et le 30ème jour pour éventuellement compléter le traitement par quelques injections et parfaire ainsi les résultats.

 

Voici donc les indications et les résultats à attendre des injections de toxine botulique :

 

  • Une relaxation de la zone plissée :
    Le front devient lisse, les sourcils s’écartent dans leur partie interne et se rehaussent subtilement donnant une ouverture et un rajeunissement du regard très apprécié, les plicatures des rides s’atténuent progressivement, les rides de la patte d’oie se réduisent nettement (voire disparaissent complètement) y compris lors du sourire.
  • Le front reste néanmoins mobile (il n’y a pas de paralysie musculaire !). Cependant, s’il reste possible de le mobiliser volontairement, les mimiques automatiques responsables des rides seront moins spontanées.

 

Les contre-indications et précautions à prendre

 

Les contre-indications doivent être respectées :

  • Femme enceinte (principe de précaution)
  • Certaines maladies neuromusculaires dégénératives comme la myasthénie

Les précautions à prendre sont focalisées sur la prévention des risques d’ecchymoses (inhérentes à toute injection) et la limitation de la douleur lors de l’injection :

Au moins 2 jours avant la séance arrêter les médicaments suivants:

  • Aspirine ou anti-inflammatoires non-stéroïdiens (si cela est médicalement possible).
  • Toutes les vitamines en cours (en particulier les produits contenant de la vitamine E).
  • Tous les produits stimulant la circulation (artérielle comme les vasodilatateurs ou veineuse comme les veinotoniques).

 

Juste avant la séance :

  • La patiente aura éventuellement massé la zone à traiter avec une petite quantité de crème anesthésiante de contact une heure avant l’injection (geste à répéter toutes les 10-15 minutes mais d’efficacité relative).
  • Le médecin pourra appliquer un pack de glace 3 minutes.
  • L’injection est effectuée avec une aiguille de très fin calibre.
  • Après la séance d’injections, il est classiquement recommandé de ne pas s’allonger ou trop se mobiliser : il est en effet important que le produit injecté garde sa place sans se déplacer pour agir au bon endroit.

 

Les effets secondaires sont très rares :

En France, la loi impose de préciser les complications possibles, y compris les plus rares.

Des ecchymoses voire exceptionnellement des hématomes sous-cutanés (risques inhérents à toute piqûre) mais minimisée par les précautions précédentes.

Les maux de tête (céphalées) représentent environ 10% des cas. Non liés à la toxine, ils sont secondaires aux injections de liquides dans le front. Ils disparaissent spontanément ou sous paracétamol.
La fermeture temporaire de la paupière supérieure (ptosis) est le seul effet secondaire réel à mentionner bien que très rare.

Cet effet secondaire est plus fréquemment vu dans les études nord-américaines où les injections de toxine botulique sont souvent concentrées et à des fins paralysantes (ce qui n’est pas souhaitable répétons-le).
Bien que très préjudiciable, cet effet est de toute manière réversible mais peut néanmoins durer quelques semaines au maximum.

Les injections à visée relaxante pour conserver l’aspect naturel du front exposent nettement moins à ce préjudice qui d’ailleurs n’est jamais arrivé dans notre expérience débutée en 1999.

D’autres préjudices temporaires sont également possibles et sont secondaires à une appréciation insuffisante de la musculature faciale et une imprécision relative de l’injection dans la zone traitée.
Ils sont bien entendu éphémères mais doivent être mentionnés : élévation inégale ou cambrure excessive des sourcils, paupières lourdes.

 

Ces effets secondaires ne doivent pas arriver soulignant l’importance de l’expertise du praticien sur la musculature faciale et sa prudence lors de l’injection dont le résultat peut éventuellement être complété lors de la séance d’évaluation entre le 15ème et 30ème jour.

 

Dossier réalisé par des dermatologues référents du Syndicat National des Dermatologues Vénéréologues

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